| Clause de non-concurrence : question de preuve
Cassation sociale, 25 mars 2009, n° 07-41894
La clause de non-concurrence a pour objet d’interdire à un
salarié d’exercer son activité dans une entreprise concurrente de celle de
son employeur à l’issue de son contrat de travail. Pour être valable, cette
clause doit à la fois être indispensable aux intérêts légitimes de
l’entreprise, être limitée dans le temps et l’espace, tenir compte des
spécificités de l’emploi du salarié et enfin prévoir une contrepartie
financière au profit de ce dernier.
Et si, dans la majorité des cas, il revient à l’employeur de
prouver qu’un salarié ne respecte pas les termes d’une clause de
non-concurrence, lui est-il toutefois possible de conditionner, par contrat,
le paiement d’une contrepartie financière à la remise par le salarié de
documents visant à établir qu’il ne commet effectivement pas d’actes de
concurrence ?
Non, répond clairement la Cour de cassation à cette question
inédite. Elle a ainsi jugé illicite une clause contractuelle imposant à une
négociatrice immobilière démissionnaire de justifier par tout moyen de
l’absence de violation de son obligation de non-concurrence. Peu importe
que, dans les faits, il ait été facile à cette salariée de prouver qu’elle
ne concurrençait pas son ancien employeur par l’envoi, par exemple, d’une
simple attestation Assedic ou d’une copie de son bulletin de paie établi par
son nouvel employeur.
Article du 26/11/2009 - © Copyright SID Presse - 2009
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